Les valeurs industrielles européennes : trop cycliques ?

La crise que connaissent actuellement les marchés boursiers frappe de plein fouet les valeurs industrielles. Dans un premier temps, elles ont été victimes de la vague de ventes non discriminées ; depuis l’automne, elles souffrent des craintes toujours croissantes quant à une récession aux États-Unis et à un ralentissement marqué de l’économie mondiale.
Cependant, selon nous, une approche très sélective permet toujours d’identifier des sociétés au potentiel intéressant. Le seul segment du secteur que nous déconseillons catégoriquement est celui de la construction (résidentielle), ainsi que les sociétés trop endettées.

Capital Goods

Nous avons déjà mentionné à plusieurs reprises le grand avantage de ce segment, à savoir sa grande diversité qui permet de jouer différents thèmes et de profiter des différentes phases du cycle économique.

Cependant, les effets de la crise sur ce secteur, dépendant de l’économie mondiale, sont inévitables. Aux États-Unis, nous assistons déjà à un ralentissement de la demande et les carnets de commande sont maintenant moins fournis et ce, dans différents segments du secteur. En Europe, ce ralentissement n’est pas encore perceptible et les carnets de commande restent bien remplis, même s’ils ne croissent plus autant qu’il y a quelques mois. Cependant, les incertitudes augmentent quant aux anticipations émises pour 2008. La publication des résultats 2007 devrait permettre de mieux évaluer si le marché se montre trop optimiste ou non.

En termes de valorisation, le secteur des Capital Goods se traite à un ratio EV/Sales de 1,13 pour 2007 et de 1,03 pour 2008. Cela signifie une croissance bénéficiaire moyenne de 10 % pour 2008. Pareilles hypothèses sont-elles vraiment réalistes dans le contexte actuel ?

Selon nous, l’année va se dérouler en deux phases : le premier semestre restera satisfaisant pour le secteur Capital Goods européen, malgré le risque de récession aux États-Unis. Le deuxième semestre devrait voir poindre les difficultés, avec une décélération de la croissance du secteur. L’ampleur de ce ralentissement dépendra du risque de contamination des problèmes américains sur les économies européennes et émergentes. Un autre facteur de risque pour les sociétés européennes réside dans la faiblesse du dollar, qui pèse sur ces sociétés fortement dépendantes des exportations.

Dans ce contexte, le défi est de taille et consiste à identifier les valeurs les moins sensibles à un ralentissement de l’économie (américaine et mondiale) et présentant un faible risque de déception.

L’un des thèmes que nous continuons de favoriser, notamment parce qu’il est peu corrélé au cycle économique, est celui des énergies renouvelables et principalement de l’énergie solaire (Solaria, Ersol). Des études récentes ont démontré que, d’ici 5 ans, les producteurs d’énergie solaire devraient être capables de diminuer le coût de production pour le ramener au même niveau que celui des énergies traditionnelles, ce qui leur permettrait d’être rentables sans les subventions et fournirait au secteur un potentiel illimité puisque sa ressource principale est gratuite et inépuisable. Nous continuons également de favoriser les sociétés actives dans le développement des infrastructures pour la génération d’électricité (Alstom).

Transportation

Le segment des transports offre un certain intérêt de par ses caractéristiques plus défensives.
Au sein de ce segment, nous favorisons les sociétés de bus, principalement au Royaume-Uni (First Group, National Express), qui profitent de la tendance en faveur des transports en commun, et des embouteillages de Londres. Nous avons également une position importante dans Deutsche Post. La société de courrier allemand est en cours de restructuration à la suite de l’arrivée d’une nouvelle direction qui désire arrêter l’hémorragie sur les activités aux États-Unis. Par ailleurs, la nouvelle réglementation fixant un salaire minimum pour ces sociétés désireuses, dans le cadre de la prochaine libéralisation de la poste, de distribuer du courrier en Allemagne, permet à Deutsche Post de conserver son monopole plus longuement. En effet, cette réglementation fait que les autres sociétés ne pourraient être rentables sur ce type d’activités. D’autre part, en termes de valorisation, la société est attractive et est dotée d’un bilan solide et d’un rendement des cash-flows disponibles très satisfaisant.

 

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