Secteur pétrolier : à qui profite la hausse des prix ?

Pourquoi les prix augmentent sans cesse ?

Le fait que, malgré le ralentissement économique aux États-Unis et en Europe, les prix du baril continuent de battre les records à la hausse pourrait surprendre. Et pourtant, plusieurs facteurs objectifs expliquent le maintien de cette tendance haussière.

  • La demande reste forte, supportée par : la hausse des prix d’autres énergies, comme le charbon ; la croissance des économies émergentes, y compris des pays producteurs, qui consomment de plus en plus de pétrole ; la demande accrue en diesel en Chine mais surtout par le secteur du transport en général. Cette tendance se généralise en Europe et commence également aux États-Unis. Pour produire du diesel, il faut davantage de barils que pour de l’essence, ce qui induit des besoins supplémentaires en baril ainsi qu’un excédent d’essence. Ces deux phénomènes expliquent que, sur un an, le diesel ait augmenté de 99 % alors que l’essence n’a augmenté que de 49 %.

  • L’attitude de l’OPEP qui estime que l’offre et la demande sont actuellement équilibrées et qu’il n’est dès lors pas nécessaire d’augmenter la production.

  • La faiblesse du dollar : les pays producteurs, surtout l’OPEP, jugent que le baril étant coté en dollar, la faiblesse de cette devise représente une perte de pouvoir d’achat pour eux. 

  • Situation difficile au Nigéria (terrorisme) : le pétrole nigérien est un pétrole de grande qualité : léger, il est plus facile à raffiner. L’exploitation de ces réserves est donc extrêmement intéressante pour les sociétés pétrolières. Cependant, les problèmes d’insécurité au Nigéria ne permettent pas de profiter pleinement de cette manne. 

  • Retard dans la construction d’usine de liquéfaction du gaz au Moyen-Orient : le gaz étant plus difficile à transporter, ces technologies de transformation sont très intéressantes et tout retard dans leur mise en service influence le prix du baril.

  • Réduction des capacités des raffineries américaines : la croissance de la demande mondiale de diesel entraîne un surplus d’essence. Or, la production des raffineries américaines est focalisée sur l’essence (60 % pour 20 % de diesel).

À long terme, le risque de voir les prix continuer de s’envoler est réel. En effet, actuellement, la demande augmente à un rythme de 1 à 1,5 % par an et les réserves de capacité de production sont de 3 %. Alors que nous sommes en période de ralentissement économique, ce rythme n’a pas ralenti. En cas de redressement économique en 2009-2010, la demande sera encore plus forte et le marché tendu.

Les activités d’exploration gagnent en rentabilité

Au plus grand est l’écart entre le prix du pétrole et les coûts de production, au plus il est intéressant d’investir dans l’exploration. Avec une hausse des prix du pétrole (en dollars) de 25 % depuis le début de l’année et de 100 % sur les douze derniers mois, il est évident que, même en tenant compte d’une hausse des coûts des équipements et des services, il existe un intérêt réel pour les sociétés pétrolières à investir dans l’exploration.

Actuellement, les chantiers d’exploration les plus importants se situent au Brésil où de nouveaux gisements viennent d’être découverts (Tupi) et où l’activité de forage est intense étant donné les chances de succès. D’autres régions attirent aussi les convoitises, comme l’Afrique de l’Ouest (Angola) ou encore la Norvège.

Dans quel secteur d’activités investir ?

Actuellement  le momentum est très favorable aux valeurs de grandes capitalisations. Les « Majors » profitent en effet pleinement et directement de la hausse des prix. Les estimations des analystes n’intégrant qu’avec un certain retard l’évolution des prix, nous avons donc assisté à des surprises positives lors de la publication de leurs résultats. Cependant, si le momentum à court terme favorise les grandes sociétés pétrolières, le jour où les prix du pétrole se mettent à stagner (même temporairement), leurs bénéfices seront directement touchés.

Au sein du segment des services et équipements pétroliers, nous assistons actuellement à un manque de capacité : les sociétés ne parviennent pas à répondre à la demande, ce qui entraîne une limitation de leur croissance des revenus. Cependant, il y a un aspect positif à cette situation, que nous avons déjà mentionné, à savoir la visibilité car la croissance des revenus sera plus progressive et donc étalée sur une plus longue période. On a récemment assisté à des déceptions au sein de ce secteur d’activités. En effet, les entreprises ont subi une hausse des coûts (main d’œuvre, matières premières…) et n’ont pas réussi à répercuter cette hausse suffisamment rapidement à leur clientèle, ce qui a mis leurs marges sous pression. 2007 a été une année de transition pour ces entreprises. Avant, elles étaient en surcapacité et enregistraient une croissance plus rapide que le secteur dans son ensemble. Maintenant, le manque de capacité ralentit quelque peu leur croissance. Toutefois, selon nous, à un horizon de douze mois, une fois que les nouveaux contrats avec des marges plus élevées, entreront en vigueur, ce problème sera résolu.

Le seul sous-segment que nous déconseillons dans l’immédiat est celui du raffinage. Les marges de ce type d’activité sont actuellement très faibles car les raffineries ne parviennent pas à répercuter la totalité de la hausse du pétrole brut sur le consommateur.

 

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