Perspectives sectorielles : Les grandes sociétés pharmaceutiques pèsent sur le secteur des soins de santé

Malgré un environnement macroéconomique qui devrait lui être favorable étant donné ses caractéristiques défensives, le secteur des soins de santé ne parvient pas à décoller et ce depuis de nombreux mois. Ainsi, en 2007, le secteur mondial a eu une performance de 2,47 % et depuis le début de l’année, il a baissé de -4,6 % .

Cette performance décevante ne provient pas des sous-secteurs de la biotechnologie ou des équipements et services médicaux ; elle provient du segment des grandes sociétés pharmaceutiques, qui ne parviennent pas à reprendre le chemin de la hausse. Le secteur enregistrait en 2007 une performance négative de -1,50 % et depuis le début de l’année, il a baissé de -5,3 % .

Un manque de vecteurs de croissance

  • La concurrence des médicaments génériques

Au milieu des années 1990, les sociétés pharmaceutiques ont commencé la commercialisation de nombreux médicaments innovants qui ont connu un grand succès. Après ces lancements, le secteur pharmaceutique est devenu un secteur performant, recherché par les investisseurs.

Or, la durée de vie d’un brevet qui protège les molécules actives d’un médicament est d’environ 20 ans. Les sociétés font la demande de ce brevet avant le développement final du médicament, en moyenne 5 à 10 ans. Il ne reste donc plus qu’environ une dizaine d’années de commercialisation avant que le médicament ne tombe dans le domaine public et ne puisse être copié et proposé comme médicament générique. C’est ainsi que depuis 2005, de nombreux brevets sont arrivés à échéance et nous assistons donc au lancement de l’équivalent générique du médicament auparavant protégé. Cette nouvelle concurrence est très négative pour les sociétés pharmaceutiques, qui voient leurs ventes et donc leurs bénéfices fondre comme neige au soleil.

Dans le même sens, les politiques des assureurs de soins de santé aux États-Unis ainsi que des divers gouvernements visant à réduire les coûts ont favorisé la prescription de médicaments génériques, induisant une forte pression sur les coûts pour les grandes sociétés pharmaceutiques qui tentent de rester dans la course.

Par ailleurs, les producteurs de médicaments génériques intentent de nombreux procès aux sociétés pharmaceutiques dans le but de casser les brevets toujours en cours. En effet, ce genre de pratique ne leur coûte pas très cher et, en cas de victoire, peut leur rapporter très gros. Jusqu’à présent, les grandes sociétés pharmaceutiques sont toujours parvenues à contrer ces attaques, mais cette épée de Damoclès induit un manque de visibilité qui est très négatif pour les marchés boursiers.

  • Une plus grande exigence des autorités de contrôle

Une fois l’accord de commercialisation obtenu auprès des instances compétentes, les différents médicaments font l’objet d’un suivi permanent, principalement en ce qui concerne le développement d’effets secondaires potentiels. Depuis plusieurs années, ce suivi post-marketing a été renforcé et les autorités de contrôle sont de plus en plus sévères en la matière. Si des effets secondaires importants (même liés à une utilisation prolongée) sont détectés, le médicament peut être retiré de la vente ou faire l’objet de mesures spécifiques.

  • Des panels de produits en développement peu dynamique

La difficulté qu’entraîne l’arrivée à échéance des brevets n’est pas neuve pour les sociétés pharmaceutiques, mais le contexte dans lequel elle survient l’est bien.
Auparavant, quand un médicament tombait dans le domaine public, une nouvelle commercialisation venait compenser cette perte. Or, actuellement, la plupart des sociétés peinent à développer des produits innovants susceptibles de se transformer en énorme succès commercial. Dans un contexte de manque de visibilité totale sur le futur des produits de la société, il est quasiment impossible de faire un exercice de valorisation fiable. Et quand l’incertitude augmente, les investisseurs exigent une prime de risque supérieure, ce qui a pour effet de faire baisser la valorisation de ces sociétés.

À long terme, la croissance pourrait revenir

L’innovation n’est pas morte… elle nécessite seulement plus de temps pour se développer entièrement. Nous nous situons actuellement dans un creux temporaire entre deux grandes vagues de découvertes.

Les sociétés pharmaceutiques génèrent d’importants cash-flows car elles ne nécessitent pas d’importantes dépenses en capital, elles disposent de bilans sains et ont entamé d’importants programmes de rachat d’actions. Elles sont actuellement dotées d’un rendement du dividende parmi les plus élevés du marché (environ 5 %).

Notre stratégie…

Au sein du secteur des soins de santé, nous favorisons les entreprises qui font peu l’objet de pression de la part des médicaments génériques (produits biotechnologiques ou injectables) comme Roche ou Novo Nordisk. D’une façon générale, ces sociétés sont plus chères mais cette prime se justifie par la plus grande visibilité et qualité qu’elles offrent en termes de croissance bénéficiaire.

 

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