Marché des devises : potentiel d’appréciation de la livre sterling à moyen terme

La livre sterling a touché son point bas en 2008 s’approchant de la parité : 1 pour 1 euro. Cela s’explique par les faiblesses de l’économie britannique ainsi que par son important déficit extérieur. Cependant, l’année 2009 devrait voir un retour de la devise britannique, car l’essentiel des mauvaises nouvelles (risque sur le marché immobilier, récession attendue et baisses des taux) sont maintenant suffisamment incorporées dans le cours de la livre sterling. Au niveau actuel, nous considérons donc la livre sterling comme un « strong buy » avec un retour vers 0.82 dans le courant de l’année 2009.

Encore du potentiel pour le yen

Concernant le yen, grand gagnant de l’année 2008 grâce au retournement des « carry trades », différents facteurs positifs continueront à le soutenir début 2009 : la réduction du désavantage de taux japonais, l’important surplus extérieur nippon, la faiblesse du prix des matières premières et la relative bonne santé des banques japonaises (moins exposées que les autres au marché immobilier américain). Contre l’euro, nous la voyons toucher un niveau de 100 en 2009. Par contre, dans une seconde partie de l’année, plusieurs facteurs de risque se manifesteront et mettront fin à l’appréciation du yen :

  • Les exportations, moteur de la croissance japonaise, souffriront du ralentissement économique mondial et de l’appréciation de la devise. Une intervention des autorités japonaises sur le change est donc probable si le yen connaît une appréciation trop forte et trop rapide. 

  • Ensuite, une reprise du goût pour le risque des investisseurs conduira de nouveau à une dépréciation du yen, face aux devises à taux d’intérêt et déficit extérieur élevés.

Encore du support pour un dollar endetté

 En ce qui concerne l’euro/dollar, l’aversion au risque, les craintes d’une récession mondiale, la réduction du désavantage de taux américains contribueront à soutenir le dollar durant les premiers trimestres 2009, et ce d’autant plus que la zone euro réagira trop tard face aux risques déflationnistes. Il est donc probable de voir le dollar profiter encore de la volatilité élevée sur les marchés financiers, et ce jusqu’à un niveau de 1.15 contre l’euro. Par rapport à sa valeur théorique, et en perspective des défis économiques auxquels les Etats-Unis font face (déficit extérieur, détérioration des finances publiques, crise  immobilière…), il n’y a cependant pas de raisons fondamentales pour voir le dollar s’apprécier davantage à long terme. Fin 2009, nous anticipons donc une convergence progressive du dollar vers sa valeur d’équilibre, proche de 1.30 contre l’euro. 

Poursuite de la correction des dollars périphériques

Les devises qui vont le plus souffrir de l’environnement global négatif de 2009 sont les devises liées à la croissance mondiale, comme les dollars australien et néo-zélandais.  Ces monnaies ont déjà connu un important mouvement de dépréciation en 2008, mais ce n’était qu’un juste retour des choses vu leurs niveaux de surévaluation. Une dépréciation est donc encore à attendre début 2009 : les banques centrales océaniques vont certainement poursuivre leurs mouvements de baisse des taux ; les prix des matières premières vont rester globalement déprimés par la demande mondiale et le climat général d’aversion au risque va peser sur ces devises à important déficit extérieur. Dans cet environnement négatif, les dollars périphériques reviendront certainement à leur point bas du début des années 2000, à savoir 0.50 USD pour 1 AUD et 0.40 USD  pour 1 NZD (Le dollar canadien connaîtra un mouvement de dépréciation de moindre envergure contre son grand frère américain vu sa moins grande volatilité, son surplus extérieur et la baisse déjà importante de son indice de change pondéré. Contre l’euro, nous pouvons même dire que nous sommes positifs pour le dollar canadien)

 

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