Focus : Haro sur les dividendes ?

La stratégie « dividende » fonctionne très bien sur de longues périodes et l’a prouvé au cours des derniers mois. Elle est ainsi devenue très populaire et largement consensuelle. C’est pourquoi il n’est pas surprenant de voir fleurir depuis peu dans la presse des articles appelant à la prudence sur cette stratégie.
Il est nécessaire de rappeler un certain nombre de choses. L’approche « dividende » n’est en aucun cas une méthode miracle. Les dividendes peuvent être supprimés ou réduits et une phase de récession économique rend nécessairement plus difficile la distribution de dividendes. Le marché des swaps indique que les investisseurs s’attendent à une très forte baisse des dividendes alors que les analystes attendent une baisse modeste de 5 à 10 %. En effet le manque de visibilité et les difficultés d’accès au crédit tendent à pousser les entreprises à privilégier la génération de cash et à réduire les sorties de trésoreries. Mais toutes les entreprises et secteurs ne sont pas placés à la même enseigne et, plus que jamais, la sélectivité s’impose entre les bons et les mauvais dividendes. Le rendement du dividende des actions européennes s’établit aujourd’hui à près de 5 % (4,5 % hors valeurs financières et pétrolières).
Historiquement les dividendes sont moins volatils que les bénéfices.

Derrière cette évolution il y a des différences sectorielles majeures. L’industrie automobile est généralement et historiquement la plus sévèrement frappée, par exemple alors que les valeurs agroalimentaires ou des services sont plus épargnées. Aujourd’hui nous sommes très pessimistes pour les secteurs de l’automobile, des biens d’équipements et des valeurs cycliques en général ainsi que pour les valeurs bancaires mais considérons que les opérateurs de télécommunications, les médias, les valeurs pétrolières présentent de meilleures perspectives.

Chaque cycle comporte des différences et des similitudes. La hausse des profits a été spectaculaire entre 2003 et 2007 et les entreprises ont été prudentes en matière de distribution, si bien que le taux de distribution est actuellement relativement bas et peut progresser. En outre les sociétés non financières affrontent cette récession avec une structure financière moins déséquilibrée que lors de la précédente récession.
Enfin, en termes de similitude, la question des dépréciations de survaleurs refait surface. Historiquement, les récessions s’accompagnent de dépréciations des acquisitions réalisées en haut de cycle. Une fois encore, on assistera à ce phénomène analogue à celui observé en 1989-1990. Les montants sont impressionnants mais ils ne se traduisent pas par une sortie de cash et généralement la Bourse a souvent déjà acté par une chute de ses cours la destruction de valeur. Les exemples sont légion : AlcatelLucent, Carslberg, Lafarge. La génération de cash est bien plus importante comme mesure de performance que la variation des bénéfices.

 

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