Épuisement des ressources : le cas de l’eau

Les défis liés à l’épuisement des ressources représentent un aspect de la gestion durable de plus en plus crucial. Du fait de la pression sur les ressources d’eau douce, les entreprises doivent exercer leurs activités différemment et elles sont confrontées à un certain nombre de défis et d’opportunités.

Nous vous proposons d’évaluer pourquoi l’eau est un défi majeur de gestion durable et en quoi les pressions sur les ressources d’eau douce peuvent avoir un impact si négatif sur les entreprises et leurs activités.

L’eau douce est une ressource renouvelable qui, tout en étant indestructible, demeure une ressource limitée et précieuse, essentielle à la vie et à la réalisation des activités économiques. Les ressources en eau de la planète sont estimées à 1,4 milliard km3. Sur ce total, 0,003 % seulement, à savoir quelques 45 000 km3, correspond à ce que l’on appelle les « ressources en eau douce », c’est-à-dire d’eau qui est en principe apte à la consommation et peut être utilisée pour l’hygiène, l’agriculture et les activités industrielles. En fait, la quantité disponible pour son utilisation par l’homme se situe entre 9 000 et 14 000 km3.

Une région du globe est confrontée à un stress hydrique lorsque l’approvisionnement annuel en eau est inférieur à 1 700 m3 par personne. Lorsque ce même approvisionnement annuel en eau passe sous la barre de 1 000 m3 par personne, la population concernée est confrontée à une pénurie d’eau. Un pays peut être considéré soumis à un stress hydrique lorsqu’il extrait plus de 20 % de ses ressources renouvelables en eau. Au-delà de ce seuil de 20 %, la quantité d’eau issue des lacs, rivières et nappes phréatiques est jugée trop importante pour que les approvisionnements en eau demeurent adaptés aux exigences des hommes et des écosystèmes, d’où une concurrence accrue entre les utilisateurs et les demandes en eau.
Un tiers de la population mondiale vit dans des pays confrontés à un important stress hydrique. Même si l’accès à l’eau pure et à l’assainissement s’est amélioré, plus de 1,1 milliard de personnes n’avaient pas accès à l’eau pure en 2002 et elles étaient 2,6 milliards à ne pas accéder à un assainissement amélioré . Près de 1,2 milliard de personnes vivent dans des régions soumises à un stress hydrique et 500 millions dans des régions qui devraient bientôt être confrontées à cette situation. Ajoutons à cela 1,5 milliard de personnes privées d’accès à l’eau potable en raison d’un manque d’investissements en matière d’infrastructures.

Si les tendances actuelles se poursuivent, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou des régions en pleine pénurie d’eau à l’horizon 2025 tandis que les deux tiers de la population mondiale pourraient être confrontés à un stress hydrique .

L’offre et la demande d’eau douce sont désormais complètement déséquilibrées. La demande en eau continue à grimper sur toute la planète du fait de la croissance de la population, de niveaux de vie supérieurs et de l’expansion industrielle. Dans le même temps, l’offre mondiale d’eau douce se contracte en raison de la pollution (elle-même le fait de cette même croissance économique qui renforce la demande), du drainage des nappes phréatiques et du changement climatique. Les schémas climatiques en sont modifiés, ce qui soumet la sécurité de l’offre à des incertitudes supplémentaires.

Le manque d’eau pure et d’un assainissement minimal soustraient au moins 556 milliards de dollars par an au potentiel de croissance économique mondiale, ce qui représente 1 % du PIB mondial d’après l’OMS. Le manque d’eau agit déjà comme une contrainte sur la croissance dans de nombreux pays, notamment en Chine.

Impossible d’ignorer les difficultés économiques et humanitaires provoquées par les pressions sur les ressources en eau. Cependant, les défis majeurs dans le domaine de l’eau ouvrent la voie à des opportunités d’investissement. Chaque nouvelle réglementation suppose une nouvelle exigence sur laquelle miser et offre donc aux entreprises autant d’opportunités que de risques.

Un exemple de secteur touché par ces évolutions : le secteur Food, Beverage & Tobacco. C’est le secteur qui compte des coûts de prélèvement de l’eau parmi les plus élevés en pourcentage du chiffre d’affaire. L’eau est un élément clé pour de nombreux produits de ce secteur. Elle est par exemple un ingrédient essentiel dans la production de boissons et elle est utilisée également pour le lavage, l’extraction par ébullition et les activités de refroidissement dans l’agroalimentaire.

Dans ce secteur, Unilever est un exemple de société qui fait du bon travail dans la gestion des ressources en eau. Sur les 10 dernières années, Unilever est parvenue à réduire sa consommation d’eau de 54 %. Et cette tendance devrait se poursuivre grâce à des processus de production optimisés. Unilever a mis sur pied un outil de gestion développé en collaboration avec un panel international d’experts dans le domaine de l’eau. L’objectif de ce système consiste à offrir une approche intégrée de la gestion de l’eau tout au long de la chaîne de valeur. En amont de la chaîne, Unilever surveille la quantité d’eau utilisée par ses fournisseurs. Elle travaille avec chacun d’entre eux pour les aider à réduire la quantité d’eau nécessaire à leurs récoltes. De même, elle tend, dans son processus de production, à réduire la consommation d’eau et en aval, elle évalue l’eau consommée par ses clients. Unilever est un chef de file en matière de gestion durable.
En conclusion, nous pouvons affirmer à juste titre que l’épuisement des ressources naturelles en général et la pénurie d’eau en particulier sont des défis cruciaux de gestion durable.

 

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