Trop beau pour durer

Market outlook by Frédéric Buzaré
Head of Equitiy Management - Dexia Asset Management

Nous nous interrogions le mois dernier sur ce qui allait mettre un terme à la hausse des marchés d’actions. Jusqu’à présent, nous nous trouvions au coeur de ce qu’il convenait d’appeler une tempête parfaite : une embellie sur le front de la croissance et des entreprises, sans pour autant de resserrement monétaire ou même de rigueur budgétaire. Il est difficile d’imaginer la poursuite d’une combinaison aussi idéale tant d’ordre « bottom-up » que « top-down ». Nous mentionnons régulièrement le risque souverain comme étant le principal risque pesant sur notre scénario de base. Il semble que le mouvement anticipé vers une hausse des rendements ne s’est pas encore produit. Mais, la crise grecque a agi comme le catalyseur depuis longtemps attendu propice au réveil des spéculateurs obligataires.

Hésitants, les marchés sont dominés par le bras de fer qui s’opère entre, d’un côté, une amélioration rapide des économies et, d’un autre côté, des pressions se faisant grandissantes pour mettre un terme aux politiques de l’argent peu cher et facile. S’agissant des économies, la production industrielle américaine enregistre sa croissance en année glissante la plus vigoureuse depuis juin 2005 et les ventes au détail outre-Atlantique ont regagné la majeure partie du terrain concédé en 2008-2009. Le dernier Livre beige de la Réserve fédérale a mis en évidence un élargissement de la reprise. En ce qui concerne le changement des politiques monétaires, les marchés d’actions sont freinés par les craintes de plus en plus marquées d’une véritable crise souveraine dans la zone euro. Dans la mesure où la dégradation de la situation de la Grèce n’a, dans un premier temps, guère été traitée de manière décisive par les pays membres de la zone euro, un second bras de fer – opposant les gouvernements aux marchés financiers – a désormais lieu. L’absence de cohésion parmi les États de la zone euro et le manque constant de détermination à résoudre de manière appropriée les problèmes de liquidité et de solvabilité de la Grèce ont favorisé la spéculation sur les marchés financiers qui se sont engagés dans un jeu de prédiction autoréalisatrice, encouragés par les réactions à retardement des agences de notation. Le jour du règlement de comptes n’est plus très loin.

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