La fuite découlant de l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon justifie une révision fondamentale des modèles d’exploitation du secteur énergétique.
- Faisant suite à la catastrophe pétrolière dans le golfe du Mexique, les analystes ISR de Dexia AM ont retiré BP de leur sélection « best-in-class » le 21 juin dernier.
- Après l'alerte ISR lancée par Dexia AM sur BP en avril, les gestionnaires de fonds ISR avaient déjà commencé à réduire l'exposition à BP. Maintenant que BP n’appartient officiellement plus à l’univers, les fonds ISR de Dexia AM ne peuvent plus investir dans des actions ou obligations de BP et les positions existantes doivent être vendues dans les 6 mois.
Des risques fat tail* se sont matérialisés dans le secteur pétrolier et ont conduit à une révision fondamentale des modèles d’exploitation.
Le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon le 22 avril 2010 a démontré que les risques environnementaux et de sécurité liés aux projets en eaux profondes avaient été largement sous-estimés, tant par BP que par les gouvernements, les organismes de contrôle et les compagnies pétrolières.
A l’évidence, les projets en eaux profondes feront désormais l’objet d’une réglementation plus stricte de la part des gouvernements. Cet accident peut également mener à un renforcement de la réglementation et/ou de la taxation globale en ce qui concerne les méthodes d'exploration pétrolière, et stimuler davantage le développement de sources d'énergie alternatives.
Le fait que les risques associés au forage en eaux profondes aient été si longtemps ignorés peut s’expliquer comme suit : avant l’accident survenu dans le golfe du Mexique, les projets en eaux profondes n’avaient connu aucune fuite d’importance depuis les années 1970. Ainsi, dans ce contexte faussement rassurant, les régulations officielles et les procédures de sécurité des compagnies se sont laissées totalement dépasser par les vastes innovations technologiques dont a bénéficié le forage en eaux profondes ces dix dernières années.
Le 20 avril 2010, l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon a confronté le secteur pétrolier, à ses propres risques fat tail : statistiquement parlant, des risques improbables, mais hautement dévastateurs lorsqu’ils se produisent.
Les analystes ISR de Dexia AM ont tenu compte de cet aspect dans leur cadre analytique pour l’ensemble du secteur. Ils s’attendent à ce que toutes les entreprises du secteur pétrolier soient contraintes de revoir fondamentalement leur modèle d’exploitation et leurs procédures de sécurité.
Un impact à long terme négatif sur le profil ISR de BP
Les analystes de Dexia AM ont revu à la baisse la notation du modèle d’exploitation de BP, étant donné que le risque environnemental associé aux projets en eaux profondes est plus important et que BP affiche une exposition aux projets en eaux profondes plus élevée que ses pairs. En effet, 14 % de la production estimée de BP pour 2010 dépend de l’exploration en eaux profondes, contre 9 % en moyenne pour les autres grands acteurs du secteur pétrolier.
La catastrophe a également permis d’identifier des manquements apparents dans la gestion quotidienne des intervenants chez BP : les mesures de sécurité inadéquates pour la protection des travailleurs, des installations et de l’environnement et les manquements signalés dans les relations avec les sous-traitants en sont deux exemples. Ainsi, les déclarations officielles de sécurité de BP n’ont pas été respectées dans la pratique, surtout pour ses activités sur le territoire américain.
En outre, l’accident a sérieusement endommagé les relations de BP avec les autorités publiques, qui décident de l’octroi ou non de la licence d’exploitation aux compagnies pétrolières.
Pour plus d'informations à propos de l'analyse de durabilité de Dexia AM, consultez notre site Web dédié à l'ISR.
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* Un risque fat tail est une mesure de l'épaisseur des queues de distribution
