Perspectives du secteur de l’énergie (renouvelable) après la conférence de Copenhague

L’un des moments forts de l’année 2009 fut le sommet sur le climat à Copenhague. Ce n’est un secret pour personne : celui-ci s'est clôturé sur un sentiment de déception, en ce sens qu'il n’a débouché sur aucun accord décisif. Néanmoins, nous avons la conviction que le sommet a permis la création d’un cadre important pour la réduction des gaz à effet de serre sur le long terme.

Indépendamment des résultats de Copenhague, le défi à long terme de la sécurité énergétique est toujours d’actualité. Par ailleurs, abstraction faite de tout débat scientifique, il est primordial de poursuivre les investissements dans le domaine de l’efficacité énergétique. Les cours élevés du pétrole sont une bénédiction et non l’inverse, étant donné qu’ils encouragent les investissements dans des formes d’énergies alternatives qui émettent moins de CO2 et sont plus durables à long terme. Depuis 2004, les prix de l’énergie ont considérablement augmenté, stimulant notamment l’énergie solaire, l’énergie éolienne off-shore ainsi que l’énergie géothermique. Sans surprise, les pays qui se tournent vers les énergies alternatives et l’efficacité énergétique sont économiquement prospères. Deux exemples : le Danemark et l’Allemagne. Ces deux pays se sont attaqués à bras-le-corps au développement de nouvelles technologies, tout en accordant de gros subsides. Ces subsides sont toujours nécessaires dans un premier temps. Mais désormais, de nombreuses formes d’énergies alternatives sont économiquement compétitives.

Comme indiqué plus haut, il n’y a pas de meilleur incitant à long terme que les prix élevés de l’or noir pour le développement d’alternatives durables aux combustibles fossiles. D’ici 2024, la population mondiale devrait franchir la barre des 8 milliards d’individus. La population des pays émergents s’enrichissant, la demande énergétique va inexorablement augmenter. La croissance attendue de la demande mondiale de pétrole (de 84 millions de barils par jour à 104 millions) est à imputer entièrement aux marchés émergents, et plus spécifiquement à la Chine et à l'Inde. D’ici 2030, le nombre de voitures et de camions en circulation dans le monde devrait doubler. Pour la première fois, les ventes de voitures en Chine ont dépassé celles des États-Unis ! Par ailleurs, sur le plan des réserves, bon nombre de champs pétrolifères s’épuisent à vive allure. Parmi les 400 principaux, 300 sont opérationnels depuis les années 1970. En Norvège, le 11e producteur de pétrole au monde en 2008, la production a atteint son plus haut niveau en 2001, avant d'accuser une baisse de 27 % par la suite. Un autre producteur de premier plan, la compagnie pétrolière PdVSA, détenue par l’État vénézuélien, a vu sa production annuelle décliner de plus de 25 % dans certains champs, selon l’Agence d’Information sur l’Energie. Nous tablons ainsi sur le maintien des cours pétroliers à un niveau relativement élevé pour l'avenir.

Bien que nous soyons partisans d’une combinaison équilibrée entre énergies alternatives et efficacité énergétique, les formes d'énergies alternatives ne seront, à court et à moyen terme, pas à même de satisfaire la demande énergétique en hausse constante et de remplacer entièrement les combustibles fossiles. Actuellement, 2,6 % de l’électricité est générée par des énergies alternatives telles que l’énergie solaire et éolienne, et nous estimons que cette proportion pourrait grimper à 5 % d’ici 2020. Dans l’intervalle, nous sommes d’avis que le gaz naturel, qui émet trois à quatre fois moins de CO2 que le charbon, a un rôle à jouer dans la transition vers une économique qui consomme moins de carbone.

Mais quelles sont les implications de tous ces défis énergétiques sur les investissements ? Les investisseurs peuvent tirer parti de ces défis croissants par le biais de deux types de fonds : les fonds investissant dans les technologies propres et ceux investissant dans l’énergie traditionnelle. Pour les investisseurs désireux d'investir dans les nouvelles technologies propres, il importe de prendre en considération non seulement les perspectives et évaluations financières, mais aussi les évolutions et les changements sur le plan de la technologie et de la réglementation environnementale.

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