Aperçu macroéconomique trimestriel

Le rebond observé sur les marchés financiers est spectaculaire. Depuis le début de l’année, les Bourses américaine et européenne sont montées de quelque 20 % et les primes de risques sur les obligations d’entreprises se sont nettement réduites. Sur les marchés monétaires l’amélioration est plus marquée encore : aux États-Unis, l’écart entre les taux interbancaires à 3 mois et ceux des bons du Trésor est désormais de seulement 16 points de base, un niveau inférieur à celui qui prévalait… début 2007, avant le début de la crise.

Le contraste avec la situation de l’économie réelle ne peut manquer de frapper. Depuis quelques semaines certes, des signes de stabilisation voire de reprise de l’activité réelle apparaissent. Au troisième trimestre, le PIB devrait croître d’au moins 4 % en rythme annuel aux États-Unis. La zone euro devrait elle aussi renouer avec des taux de croissance positifs (quoique plus modestes). La convalescence de ces économies n’en sera pas moins très longue. Face à l’arrêt brutal de l’endettement privé, les États, pour tenter de stabiliser une activité en chute libre, ont laissé filer leur déficit à une vitesse jamais vue depuis la seconde guerre mondiale. Il va falloir, sur les prochaines années, retrouver un équilibre entre dépenses publiques et dépenses privées.

L’équation macro-économique est délicate. Il faut en effet parvenir à maintenir une croissance élevée pour permettre une réduction des taux de chômage, tout en rééquilibrant le budget. De plus, l’effet du levier de la politique monétaire étant, pour un temps, affaibli le rythme du rééquilibrage des budgets devra en permanence s’adapter à l’état de la conjoncture. Aux États-Unis, le succès de la manœuvre ne nécessite toutefois pas seulement la mobilisation et l’habileté des autorités américaines. Il requiert aussi une baisse non négligeable du cours du dollar. Si l’endettement des ménages doit rester soutenable, chercher à l’intérieur des États-Unis le surcroît de dépenses nécessaire pour rendre compatible croissance soutenue et rééquilibrage des finances publiques est vain : seul l’extérieur peut, pour une part au moins, le leur amener. Dans la zone euro, le problème est tout aussi aigu : la tentation, pour certains gouvernements, de faire cavalier seul et de rééquilibrer leurs budgets aux premiers signes de reprise risque d’être grande, le coût en termes de croissance étant partagé par les pays membres de la zone euro. A la coordination nécessaire entre politique monétaire et budgétaire, devra ainsi s’ajouter une coopération étroite entre les gouvernements des pays membres.

Les opérateurs sur les marchés ignorent-ils ces problèmes ? Sans doute pas, mais leur préoccupation est aujourd’hui différente. Persuadés à la fin de l’année dernière que le monde allait bientôt arrêter de tourner, ils sont désormais convaincus que le bout du tunnel n’est pas loin. Qu’elle soit justifiée ou non, la remontée actuelle des marchés n’en joue pas moins un rôle stabilisateur pour nos économies...

 

retour vers la page 'Vos OPCVM chez Dexia A.M.'