Analyse sectorielle : les matériaux

Le secteur des matériaux, l’un des plus cycliques, s’est bien comporté sur un marché orienté à la hausse en raison d’un indice PMI en constante progression. Contrairement à d’autres secteurs, le momentum bénéficiaire a non seulement été déterminé par la réduction des coûts, mais il a également supposé une croissance des revenus.

Les secteurs de l’automobile et de la construction étant des marchés finaux très importants, les mesures d’incitation à l’achat de voitures et les dépenses publiques en infrastructures continuent à renforcer la confiance des investisseurs. Les perspectives de reprise ont entraîné les titres du secteur à des niveaux de valorisation à mi-cycle, ces sociétés bénéficiant d’un levier opérationnel plus élevé. Le reste de la performance s’explique par la capacité de ces entreprises à gérer leurs coûts ou leur exposition aux marchés émergents. Contrairement à leurs homologues des pays développés, ces derniers ont connu une certaine remontée de leurs volumes de ventes. La Chine a notamment enregistré une demande domestique importante de matériaux destinés aux secteurs de la construction et de l’industrie automobile. Compte tenu des ressources limitées de la Chine, les sociétés occidentales de minerais ont été, et demeurent, bien placées pour fournir ces volumes. La pénurie structurelle de certains métaux, des investisseurs cherchant à se couvrir contre l’inflation et la faiblesse du dollar ont été simultanément à l’origine d’un renchérissement des matières premières. Le cuivre, utilisé dans une gamme étendue de produits finaux en électronique, pour des équipements de transport et pour la construction, en est un bon exemple. Son offre est limitée car il est de plus en plus difficile de trouver de nouveaux gisements, et la qualité des mines existantes continue à se détériorer. De plus, le cuivre est l’une des matières premières dotée de la plus forte liquidité sur la Bourse des métaux de Londres (LME), ce qui le rend attrayant pour les investisseurs « spéculatifs ». Les investisseurs en actions ont joué cette carte en investissant dans des sociétés telles qu’Antofagasta et Xstrata.

Les valeurs traditionnelles de la chimie, qui n’obéissent pas aux mêmes forces, doivent s’appuyer sur la réduction des coûts et la demande des marchés développés pour renouer avec les bénéfices. La réduction des coûts est en partie structurelle, mais seulement en partie, les titres continuant à bénéficier, avec un décalage, de prix des matières premières inférieurs. Or, ce décalage va disparaître au cours des prochains trimestres. Les bénéfices pourraient éventuellement entamer une reprise, du fait du redressement de la production industrielle et de la consommation des ménages, mais être moins spectaculaires étant donné la poursuite du désendettement de nos économies. Les investisseurs à la recherche d’une plus grande croissance dans l’industrie des produits chimiques se tournent habituellement vers des acteurs des sous-industries des gaz industriels ou des produits chimiques agricoles. Ces deux groupes sont considérés comme plus défensifs du fait qu’ils ont sous-performé pendant la récession et sont restés à la traîne récemment. Néanmoins, nous pensons que leur dossier d’investissement demeure intact et qu’ils vont générer un bon rendement à moyen terme. Ils opèrent dans des industries relativement consolidées, ce qui leur confère un potentiel de marge de valeur actionnariale, et leur croissance est structurelle, liée à une plus grande activité industrielle ou visant à répondre aux besoins découlant d’une plus grande prospérité des marchés émergents.

En conclusion, nous pensons que le secteur des matériaux demeure bien placé. Nous avons une préférence au sein de ce secteur pour les minerais, d’une part, lesquels bénéficient de la demande des marchés émergents et d’un potentiel de marge de valeur actionnariale élevé. D’autre part, nous suggérons de prendre des positions sur des titres de croissance de qualité des sous-industries des gaz industriels et des produits chimiques agricoles. En dépit d’une sous-performance toujours possible à court terme, ils offrent, selon nous, de belles perspectives à moyen terme.

retour vers la page 'Vos OPCVM chez Dexia A.M.'