Le secteur Automobiles est actuellement au centre de l’actualité économique belge, pour des raisons malheureusement peu réjouissantes. L’occasion peut-être de nous pencher sur un secteur d’activité en pleine mutation.
En termes de performances boursières, le secteur Automobiles se porte plutôt bien avec des performances depuis le début de l’année de +25,3% pour l’indice américain et de +25,2% pour son équivalent européen . Ces prestations sont principalement poussées par l’activité (et les rumeurs) de fusions et acquisitions (rapprochement avorté entre Renault et GM, possibilité de vente de Chrysler par DaimlerChrysler) et les restructurations (VW, Peugeot, Ford).
Le marché automobile mondial doit être abordé en tenant compte d’éléments divers tels que :
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La croissance globale des ventes et leur répartition entre les différents marchés,
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L’intensité de la concurrence et les parts de marché,
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Les marges des constructeurs.
Durant le mois d’octobre, les ventes mondiales d’automobiles ont augmenté de 6,8%. Cette hausse est principalement due aux Marchés émergents mais également, fait exceptionnel ces derniers mois, aux marchés dits matures que sont l’Europe de l’Ouest et les Etats-Unis. Le Japon s’est montré une fois de plus très faible, avec une baisse des ventes sur l’ensemble du mois. La Chine reste le principal moteur de la croissance des ventes avec une augmentation depuis le début de l’année de 31%. Le Salon de l’Auto de Pékin qui se tient en novembre, devrait encore doper un peu plus cette croissance. Ainsi, si l’expansion des Marchés émergents (Chine, Inde, Amérique latine) constitue le principal soutien du secteur Automobiles, les marchés plus matures continuent de stagner. Cette stagnation des nouvelles demandes a entraîné sur ces marchés une surcapacité de production et oblige les constructeurs à prendre les parts de marchés de leurs concurrents et donc à baisser un maximum leur prix. Cette guerre acharnée se traduit notamment par une tentative de baisser à tout prix les coûts de production (restructuration, délocalisation), par des promotions et rabais en tout genre qui influencent négativement les marges des constructeurs. D’autre part, il semblerait qu’il existe un décalage de plus en plus important entre l’offre des constructeurs automobiles et la demande des consommateurs européens et américains. Les constructeurs ne sont pas parvenus à anticiper les évolutions de la demande en matière de modèles recherchés (plus petites voitures, consommation moindre, etc.).
Dans ce contexte, le secteur Automobiles, malgré sa bonne santé boursière, reste fragile. En effet, il ne pourra pas indéfiniment maintenir le cap à coup de restructuration et de promotion et devra inévitablement s’adapter à la nouvelle donne : moins de production en Europe et aux Etats-Unis puisque la demande est en stagnation, voire en baisse, augmentation des capacités de production dans les pays émergents, adaptation de la gamme de produits aux nouvelles demandes tant sur les marchés dits matures que sur les marchés en pleine croissance. D’autre part, dans le cadre de la mondialisation actuelle et du boom industriel de la Chine, il faut s’attendre à ce que, d’ici quelques années, outre la concurrence des pays asiatiques, déjà présents depuis longtemps sur les marchés américain et européens, comme le Japon et la Corée, les constructeurs automobiles doivent faire face à la concurrence des voitures chinoises qui seront, selon toute vraisemblance, produites à moindre frais.

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