Banques retails
Ces dernières années, l’environnement économique européen était favorable au développement du secteur bancaire particulièrement dans le Sud de l’Europe (Italie, Espagne, Grèce) où le niveau d’endettement des consommateurs était moins élevé que dans d’autres pays européens. Le potentiel du marché du crédit était donc important surtout dans un contexte de faibles taux d’intérêt. Les banques ont donc poussé le marché du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation ce qui a dopé leurs profits. La même situation s’est produite sur le segment des crédits à la consommation.
Actuellement, le consommateur est beaucoup plus endetté, même dans les pays du Sud de l’Europe. Le potentiel de croissance des nouveaux crédits est donc limité. Cette diminution de la demande implique une hausse de la concurrence entre les différentes banques et donc une compression de leurs marges pour ne pas perdre de compétitivité. Cette situation est visible depuis l’automne 2006 et a tendance à s’accélérer.
Outre le danger que représente un ralentissement du secteur immobilier européen, il existe aussi un risque de défaut pour les banques. Ce risque est plus limité sur les crédits hypothécaires que sur les crédits à la consommation étant donné que ceux-ci sont parmi les premiers à être remboursés en cas de difficultés et qu’ils bénéficient de la protection du collatéral (à savoir la garantie du bien immobilier). Cependant, dans certains pays, les banques ont été trop loin dans les montants prêtés par rapport à la valeur du collatéral (parfois jusqu’à 110 % de la valeur). Si le marché de l’immobilier s’effondre et que le taux de défaut augmente, ces banques pourraient se retrouver dans une situation difficile. Et pourtant, de nombreuses banques continuent de prêter sans évaluer correctement le risque sous-jacent. Le levier dans le système devient potentiellement dangereux.
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Activités corporate et Investment Banking
A la fin des années ’90, les entreprises étaient très endettées. Après la crise financière du début des années 2000, ces dernières ont consenti d’importants efforts de restructuration. Nous sommes dès lors arrivés dans un système mondial de surcapitalisation des entreprises. Ces dernières années, le prêt aux sociétés a été assez faible mais à la fin de l’année 2006 nous avons assisté à un renversement de la tendance.
Dans le cadre de leurs activités de banques d’investissement, les banques européennes ont été fort sollicitées pour encadrer (conseils, financements, etc.) les opérations de fusions et acquisitions. Ainsi, le marché de la dette spécifique liée aux activités de fusions et acquisitions a explosé apportant une forte contribution aux résultats des banques actives dans ce segment.
Cependant, certaines banques ont prêté à des contreparties ayant déjà un important effet de levier comme les private equity ou encore des acteurs du secteur immobilier. Le risque dans le système est donc en forte augmentation. A court terme, cela n’est pas nécessairement dangereux mais à moyen terme cela pourrait devenir un important facteur de risque. |
Un thème majeur : les fusions et acquisitions
Avant 2006, les fusions et acquisitions avaient principalement lieu dans le cadre du marché bancaire domestique. Cependant, cette situation a évoluée et depuis l’année passée, nous assistons à des mouvements interfrontaliers de concentration. Aujourd’hui, avec l’éventuelle fusion entre ABN Amro et Barclays, l’activité de fusions et acquisitions au sein du secteur bancaire européen s’apprête à prendre une toute nouvelle dimension. Pourquoi ?
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Pareille tentative a le mérite de pousser les acteurs plus méfiants face à de grandes opérations à aller plus loin dans le raisonnement ;
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Certaines grandes banques ont toujours désiré adopter une stratégie de « grandir pour grandir » et se sentent maintenant obligées d’agir ;
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Certaines banques souffrant d’un déficit de croissance pourraient agir afin de développer des synergies et de doper leur croissance ; Mais qu’en est-il de la valeur ajoutée pour les actionnaires ? Selon nous, cette nouvelle tendance peut offrir un certain intérêt à long terme. A court terme, cependant, la question de la rentabilité de ces opérations gigantesques pour les actionnaires reste ouverte.
Nos critères d’investissement
Outre les critères d’analyse permanents (valorisation attractive, avantage compétitif, qualité du management, environnement porteur et croissance durable), nous mettons en avant plusieurs éléments d’analyse actuellement incontournables :
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Risques encourus par la société. Nous ne voulons pas investir dans des banques qui ont été trop loin dans leurs activités de crédit. Selon nous, elles devraient souffrir dans le contexte actuel (cf. problème sur la tranche des subprimes aux États-Unis)
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Risque lié à l’intense activité de fusions et acquisitions. Nous visons à établir un portefeuille équilibré entre prédateurs et cibles potentiels. L’éventualité qu’une société soit impliquée dans une fusion ou acquisition ne constitue pas un critère d’investissement en soi.
Alors que fin 2006, nous étions plus prudent sur le potentiel de l’activité de banque de détail et plus favorable à l’activité corporate traditionnelle (prêts aux entreprises) ; d’un côté les valorisations et de l’autre la hausse du risque dans le système financier, nous poussent à nous repositionner sur des bonnes franchises du retail qui devraient bénéficier d’un momentum plus favorable dès la deuxième partie de l’année.

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